Dans une semaine, je vais reprendre un train vers le Nord.
Ce n'est pas une trève, ni une fuite, ni même une prise de recul. Je sais juste qu'une part de moi, peut-être la plus vraie, y est restée et il me faut à tout prix la retrouver. Je l'y ai emmenée en novembre, silencieuse et souriante. Elle s'est mise à babiller. Elle n'a pas fini de me parler, elle a encore des choses à me dire. Je voudrais qu'elle ne perde plus jamais la parole. Elle a refusé de me suivre, de revenir avec moi dans le Sud. Elle me souriait sur le quai d'une gare belge. Savait-elle que tôt ou tard je reviendrais ? J'aime la confiance patiente que cette part de moi a en moi. Je ne pars donc pas, je retourne. Abattue, courbatue, combattue... Mais je serai venue...
Ces trois derniers mois étaient intenses et éprouvants, à tous niveaux.
J'en sors fragile, mais de moins en moins faible.
J'ai le sentiment de marcher dans le brouillard, mais je marche enfin, et je sais dans quel sens je me dirige. J'ignore presque tout de la route en elle-même, elle ne ressemble en rien à ce que je connais et me fait par moments très peur. J'ai pourtant l'intuition que c'est la mienne.
détail d'un dessin prophétique de Margaret L. (1978) :)
