Elle m'assure qu'il ne faut pas se fier aux apparences, qu'elle s'est épanouie tout au long de ces trente-quatre années à mes côtés et qu'elle est prête pour de nouvelles aventures... :)
Sunday, November 30, 2008
Fidélité
Elle m'assure qu'il ne faut pas se fier aux apparences, qu'elle s'est épanouie tout au long de ces trente-quatre années à mes côtés et qu'elle est prête pour de nouvelles aventures... :)
Wednesday, November 26, 2008
Poste restante

Une force mystérieuse, ou son manque peut-être, m'empêche actuellement d'écrire.
Il ne s'agit pas seulement de mes gribouilles ici.
Il m'est difficile aussi de répondre à certains mails chaleureux que je porte dans mon coeur.
(Vous pouvez essayer de m'écrire un mail glacial, mais je ne promets rien...)
(Je ne promettrai plus jamais rien dans ma vie.)
Mes rares sms se résument à "A bi1to,G plu 2 rézo.", mes listes de courses se voient réduites à l'essentiel : "amour, eau fraîche, schokobons, millepertuis".
Sur le frigo, il n'y a plus de factures urgentes, ni d'ordonnances illisibles. J'ai tout brûlé dans le poêle. Autrefois, mon frigo ressemblait à un panneau d'annonces municipales ou à une vitrine de syndicat d'initiative. Aujourd'hui, il n'y a plus que des magnets décolorés (que je finirai par jeter bientôt, ou fixer quelque part, contre les capots des voitures, les boîtes aux lettres, les gouttières) qui s'y raccrochent tristement comme des âmes bigotes se cramponneraient, toutes crispées, à un barreau branlant de l'échelle des valeurs, sans croire en son sommet.
Je n'appose plus ma signature au bas des contrôles de maths, je paraphe, à chaque fois différemment, au gré de mon humeur, parfois avec la main gauche, parfois au verso, et ma fille me fait des clins d'oeil complices.
Ce matin, j'ai refusé de signer le reçu d'une lettre recommandée, en expliquant à la factrice (une nouvelle, avec de très beaux maxillaires épais, mais assez désagréable) que je ne peux pas signer à la place de Frau Zamomi, que celle-ci est partie en voyage d'affaires, très loin, au bord de la Mer de Barents, à Severomorsk, une ville fermée qui sert de base militaire et je ne peux pas en dire plus, le secret d'Etat, tout ça, et moi je suis juste la nounou de ses deux enfants surdoués, et que oui, il faudra penser à créer une poste restante, je lui dirai quand elle appellera, enfin si elle appelle, parce que là-bas, le réseau, vous savez... Elle m'a lancé un regard méchant en remontant sur sa mobylette, alors je lui ai fait une grimace, puis je lui ai tourné le dos en faisant claquer ma chevelure scintillante comme l'arc céleste au dessus de Jérusalem, et la dernière chose qu'elle a vue de moi était ma fesse vêtue de noir tel le ciel de Sybérie, rebondie, insolente et rieuse. Que vais-je bien pouvoir inventer demain ?
Tout ceci pour dire que je vais convertir temporairement cette page en jpegblog et que je reviendrai dans quelques semaines pour vous raconter, avec un peu de recul, ou un peu d'avance, les rues sombres et glissantes d'un Mourmansk enneigé que je traverse en ces semaines surréalistes, complexes et pourtant nécessaires, donc précieuses.
Méfiante, stressée et pleine d'espoir.
photo prise non loin du Rhône, octobre 2008.
(J'aurais aimé passer quelque temps à l'intérieur de cette maison, dans l'obscurité, voir les deux coeurs lumineux se découper dans la pénombre, avec, de temps en temps, l'oeil intrigué d'un passant qui s'y collerait... :)
Monday, November 10, 2008
Il y a vingt ans
Ce soir, en remplissant les cartons, j'ai retrouvé avec joie quelques cahiers du carnet de bord que je tenais à l'âge de quatorze ans.
Je ne suis pas sûre que la petite Zamomi au regard un peu sévère serait d'accord de voir cet extrait ici.
Mais la grande semble cligner de l'oeil derrière l'écran.
Vendredi 11 novembre 1988, 21h15 (trois semaines après mon arrivée en France, pour deux ans) :
J'ai fait un rêve étrange cette nuit.
D'abord, je me souviens que c'était l'été et je courais dans les champs. J'espionnais quelqu'un je crois.
Ensuite je me suis retrouvée en classe, avec S. Je faisais mon possible pour l'ignorer, mais il n'arrêtait pas de me regarder.
Et tout à la fin du rêve, j'étais de retour en Suisse, à l'enterrement du père de mon ancien voisin, qui n'est pas mort, à ce que je sache.
Je me suis réveillée à 8 heures.
Cette absence de R. dans mes rêves commence à devenir inquiétante.
J'ai passé la matinée et le début de l'après-midi à lire Le Château de mes Rêves de Lucy Maud Montgomery. Ce bouquin est tellement romantique que ça m'a rendue triste de ne pas en être l'héroïne.
Après-midi je suis allée me promener. Cette petite ville n'est vraiment pas belle. Pendant deux heures j'ai cherché un joli coin : rien !
Le seul endroit où je me sens bien, c'est près du ruisseau, derrière la maison de retraite, où j'étais allée m'asseoir il y a deux semaines.
Aujourd'hui, j'étais tellement déçue par cette ville que je suis allée au cimetière, en espérant que ça me remonterait le moral.
J'ai regardé les tombes des petits enfants et ça m'a fait pleurer. C'est terrible qu'il y ait certains adultes salauds qui vivent et des bébés innocents qui meurent. J'ai aussi trouvé la tombe d'un garçon qui s'appelait Raoul. Il était né en 1974 et mort il y a cinq mois. Il avait le même âge que moi. Et il y avait sa photo, il était assez beau. Je me demande pourquoi il est mort ? J'essaierai de savoir. Ce n'est pas très gai et en sortant du cimetière, j'étais encore plus triste qu'en y entrant.
En soirée, j'ai continué à lire et j'ai écrit quelques lettres. Je n'ai pas avancé mes devoirs aujourd'hui, mais tant pis. Encore deux jours avant la rentrée.
Je pense à ce garçon, Raoul. Je ne peux pas m'empêcher de le plaindre un peu. Il avait peut-être une copine ? Moi je n'aimerais pas mourir maintenant, à 14 ans. Même si je me plains souvent, j'ai très envie de vivre, d'aimer quelqu'un, d'avoir une maison, des enfants, un métier, un chien. Lui aussi devait sûrement faire des projets. Et il est mort...
Le jour où je mourrai, je demanderai au Créateur de me renvoyer sur terre, dans une autre vie.
Parfois, j'ai l'impression d'avoir déjà vécu quelques vies avant celle-ci. Il m'arrive d'avoir des souvenirs de ce que je n'ai jamais vécu, d'endroits et de situations. Ces souvenirs passent dans ma tête sans que je les contrôle, pendant quelques secondes. Et lorsque j'essaie de m'arrêter sur un souvenir, me rappeler quelque chose de précis, tout disparaît.
J'ai l'impression d'avoir vécu au début du siècle, pendant un drame : une guerre ou une épidémie. Je me souviens d'un grand bâtiment en briques rouges. Quand j'étais petite, je rêvais souvent la nuit de la Seconde Guerre mondiale. Et que je me cachais dans une forêt. Et il y avait toujours ces briques rouges qui revenaient. Des tours en briques rouges qui tremblaient.
Ma mère m'a dit que quand j'avais deux-trois ans, je détestais tout ce qui était rouge : fraises, tomates, radis, framboises, cerises et tous les aliments de cette couleur. Elle m'a dit en riant que c'était mon côté anti-communiste. Maintenant ça ne me fait plus rien, j'adore les fraises des bois, mais j'ai toujours autant horreur des briques de cette couleur.
J'ai aussi un peu peur des trains. Et en même temps, ils m'attirent. Je n'ai pas de raisons d'en avoir peur, il ne m'est jamais rien arrivé, mais chaque fois que j'entends siffler un train, même de loin, j'ai un frisson. Ils m'attirent parce que j'aime les regarder. Mon grand-père, qui aurait 102 ans s'il vivait encore, était ministre des transports avant la guerre.
A Fribourg, lorsque j'ai vécu pendant deux mois chez les étudiantes de mon père pendant qu'il cherchait une maison en France, j'allais presque tous les soirs à la gare, je m'asseyais sur un banc et je regardais passer les trains. Parfois l'envie de monter et de partir n'importe où était très forte.
Je n'aime pas non plus le bruit de l'eau qui coule (sauf la pluie), les meubles trop sombres (en particulier les armoires et les pianos), les ascenseurs, les usines, les chantiers, les cheminées, les vieilles machines rouillées, les annonces dans les hauts-parleurs, la couleur rouge, pourpre, les compteurs électriques, les barbelés, certains insectes, le brouillard.
Mon père vient de me dire que c'est presque 22h15 et que je dois aller dormir.
Tant pis, à demain.
Je ne suis pas sûre que la petite Zamomi au regard un peu sévère serait d'accord de voir cet extrait ici.
Mais la grande semble cligner de l'oeil derrière l'écran.
Vendredi 11 novembre 1988, 21h15 (trois semaines après mon arrivée en France, pour deux ans) :
J'ai fait un rêve étrange cette nuit.
D'abord, je me souviens que c'était l'été et je courais dans les champs. J'espionnais quelqu'un je crois.
Ensuite je me suis retrouvée en classe, avec S. Je faisais mon possible pour l'ignorer, mais il n'arrêtait pas de me regarder.
Et tout à la fin du rêve, j'étais de retour en Suisse, à l'enterrement du père de mon ancien voisin, qui n'est pas mort, à ce que je sache.
Je me suis réveillée à 8 heures.
Cette absence de R. dans mes rêves commence à devenir inquiétante.
J'ai passé la matinée et le début de l'après-midi à lire Le Château de mes Rêves de Lucy Maud Montgomery. Ce bouquin est tellement romantique que ça m'a rendue triste de ne pas en être l'héroïne.
Après-midi je suis allée me promener. Cette petite ville n'est vraiment pas belle. Pendant deux heures j'ai cherché un joli coin : rien !
Le seul endroit où je me sens bien, c'est près du ruisseau, derrière la maison de retraite, où j'étais allée m'asseoir il y a deux semaines.
Aujourd'hui, j'étais tellement déçue par cette ville que je suis allée au cimetière, en espérant que ça me remonterait le moral.
J'ai regardé les tombes des petits enfants et ça m'a fait pleurer. C'est terrible qu'il y ait certains adultes salauds qui vivent et des bébés innocents qui meurent. J'ai aussi trouvé la tombe d'un garçon qui s'appelait Raoul. Il était né en 1974 et mort il y a cinq mois. Il avait le même âge que moi. Et il y avait sa photo, il était assez beau. Je me demande pourquoi il est mort ? J'essaierai de savoir. Ce n'est pas très gai et en sortant du cimetière, j'étais encore plus triste qu'en y entrant.
En soirée, j'ai continué à lire et j'ai écrit quelques lettres. Je n'ai pas avancé mes devoirs aujourd'hui, mais tant pis. Encore deux jours avant la rentrée.
Je pense à ce garçon, Raoul. Je ne peux pas m'empêcher de le plaindre un peu. Il avait peut-être une copine ? Moi je n'aimerais pas mourir maintenant, à 14 ans. Même si je me plains souvent, j'ai très envie de vivre, d'aimer quelqu'un, d'avoir une maison, des enfants, un métier, un chien. Lui aussi devait sûrement faire des projets. Et il est mort...
Le jour où je mourrai, je demanderai au Créateur de me renvoyer sur terre, dans une autre vie.
Parfois, j'ai l'impression d'avoir déjà vécu quelques vies avant celle-ci. Il m'arrive d'avoir des souvenirs de ce que je n'ai jamais vécu, d'endroits et de situations. Ces souvenirs passent dans ma tête sans que je les contrôle, pendant quelques secondes. Et lorsque j'essaie de m'arrêter sur un souvenir, me rappeler quelque chose de précis, tout disparaît.
J'ai l'impression d'avoir vécu au début du siècle, pendant un drame : une guerre ou une épidémie. Je me souviens d'un grand bâtiment en briques rouges. Quand j'étais petite, je rêvais souvent la nuit de la Seconde Guerre mondiale. Et que je me cachais dans une forêt. Et il y avait toujours ces briques rouges qui revenaient. Des tours en briques rouges qui tremblaient.
Ma mère m'a dit que quand j'avais deux-trois ans, je détestais tout ce qui était rouge : fraises, tomates, radis, framboises, cerises et tous les aliments de cette couleur. Elle m'a dit en riant que c'était mon côté anti-communiste. Maintenant ça ne me fait plus rien, j'adore les fraises des bois, mais j'ai toujours autant horreur des briques de cette couleur.
J'ai aussi un peu peur des trains. Et en même temps, ils m'attirent. Je n'ai pas de raisons d'en avoir peur, il ne m'est jamais rien arrivé, mais chaque fois que j'entends siffler un train, même de loin, j'ai un frisson. Ils m'attirent parce que j'aime les regarder. Mon grand-père, qui aurait 102 ans s'il vivait encore, était ministre des transports avant la guerre.
A Fribourg, lorsque j'ai vécu pendant deux mois chez les étudiantes de mon père pendant qu'il cherchait une maison en France, j'allais presque tous les soirs à la gare, je m'asseyais sur un banc et je regardais passer les trains. Parfois l'envie de monter et de partir n'importe où était très forte.
Je n'aime pas non plus le bruit de l'eau qui coule (sauf la pluie), les meubles trop sombres (en particulier les armoires et les pianos), les ascenseurs, les usines, les chantiers, les cheminées, les vieilles machines rouillées, les annonces dans les hauts-parleurs, la couleur rouge, pourpre, les compteurs électriques, les barbelés, certains insectes, le brouillard.
Mon père vient de me dire que c'est presque 22h15 et que je dois aller dormir.
Tant pis, à demain.
Thursday, November 6, 2008
Le Strumbel (ou le Crumdel, c'est selon)
Je suis un peu jalouse des blogs élégants de jeunes femmes passionnées de cuisine.
Evidemment, je pourrais bien, moi aussi, partager avec celles et ceux qui passent par ici les images des hot-dogs de volaille que nous avons mangés ce soir (3 minutes de préparation), leur trahir ma recette traditionnelle de coquillettes trop cuites ou leur vanter ma désormais célèbre croutchille de petits légumes caramélisés, accompagnée de filets de dinde brûlés.
Je vais faire un effort, cependant.
Seulement voilà, je m'y prends mal, dès le départ.
Par exemple, je voulais mettre une belle photo, pour une fois que j'avais réussi un truc, et non. Le temps que les piles de l'appareil se rechargent, j'ai tout mangé.

Tant pis, je me lance.
A quoi reconnait-on un gâteau typique de l'Europe Centrale ?
Les Polonais disent que c'est un gâteau polonais, les Autrichiens prétendent qu'il est viennois, les Juifs ashkénazes assurent qu'il s'agit d'une spécialité yiddish.
J'ai nommé le strudel. Son nom signifie "tourbillon", "rotation, "roulement", "typhon", "cyclone"...
Le crumble quant à lui est un dessert anglais. To crumble veut dire "tomber en miettes", "crouler", "s'effriter", "se désintégrer"...
Pas très gai tout ça, je l'avoue.
Mais sacrément bon.
Alors... Strudel ou Crumble ?
Pour ma part, je n'arrive pas à trancher. Par conséquent, je ne vois pas d'autre alternative que celle, pénible, risquée mais nécessaire de poster ici une recette inédite d'un gâteau mutant, le "Strumbel" ou encore le "Crumdel". Le typhon anglais croulant qui tombe en miettes tourbillonnantes, profondément polonaises, quoi. Dans les pommes juives autrichiennes, toutes freudiennes. Si. Ici, en France. Aujourd'hui.
Préparation express : 10 minutes :)
Cuisson-éclair : 15 minutes :)
Zutaten für 2-3 personnes :
- quatre pommes
- une poignée de raisins secs
- une grosse pincée de cannelle (ou d'épices pour spéculoos si nous sommes Belges)
- 80 g de sucre en poudre ou de cassonade
- le jus d'un demi-citron
- 50 g de beurre ramolli
- 50 g de farine
- 50 g de poudre d'amandes
- un sachet de sucre vanillé
- de la glace à la vanille
Sortons the beurre du fridge un peu früher (de façon à ce qu'il soit frigotartinable comme disent nos ami(e)s les Wallon(ne)s). Faisons cuire les rozhinkelekh secs dans un peu de water pendant quelques minutes, durant lesquelles nous éplucherons et émincerons joyfully les Apfeln.
Mettons à présent les kleinen morceaux of Appel et les raisins in a salaterka. Ajoutons le lemon juice, la moitié du sucre, le Zucker vanillé & the cinnamon (ou les épices pour spéculoos, une fois, hein, si nous sommes Belges).
With a fourchette, mélangeons dans un bol das Butter ramolli, le reste of sugar, la farine und the almonds powder.
Disposons le premier Mischung dans un big moule à tarte. Ajoutons dessus the second mélange.
Let's cook à four chaud (180°C) environ 15 Minuten. Le dessus von strumbel doit faire une jolie golden croûte.
Servons hot ou tiède, mit eine boule of vanilla glace, accompagné de black coffee ohne Zucker. Ou de vodka-cerise, si nous avons des origines polonaises.
Mazel tov, na zdrowie et bon appétit !
Soyons Européen(ne)s pour une fois, quoi.
Evidemment, je pourrais bien, moi aussi, partager avec celles et ceux qui passent par ici les images des hot-dogs de volaille que nous avons mangés ce soir (3 minutes de préparation), leur trahir ma recette traditionnelle de coquillettes trop cuites ou leur vanter ma désormais célèbre croutchille de petits légumes caramélisés, accompagnée de filets de dinde brûlés.
Je vais faire un effort, cependant.
Seulement voilà, je m'y prends mal, dès le départ.
Par exemple, je voulais mettre une belle photo, pour une fois que j'avais réussi un truc, et non. Le temps que les piles de l'appareil se rechargent, j'ai tout mangé.
Tant pis, je me lance.
A quoi reconnait-on un gâteau typique de l'Europe Centrale ?
Les Polonais disent que c'est un gâteau polonais, les Autrichiens prétendent qu'il est viennois, les Juifs ashkénazes assurent qu'il s'agit d'une spécialité yiddish.
J'ai nommé le strudel. Son nom signifie "tourbillon", "rotation, "roulement", "typhon", "cyclone"...
Le crumble quant à lui est un dessert anglais. To crumble veut dire "tomber en miettes", "crouler", "s'effriter", "se désintégrer"...
Pas très gai tout ça, je l'avoue.
Mais sacrément bon.
Alors... Strudel ou Crumble ?
Pour ma part, je n'arrive pas à trancher. Par conséquent, je ne vois pas d'autre alternative que celle, pénible, risquée mais nécessaire de poster ici une recette inédite d'un gâteau mutant, le "Strumbel" ou encore le "Crumdel". Le typhon anglais croulant qui tombe en miettes tourbillonnantes, profondément polonaises, quoi. Dans les pommes juives autrichiennes, toutes freudiennes. Si. Ici, en France. Aujourd'hui.
Préparation express : 10 minutes :)
Cuisson-éclair : 15 minutes :)
Zutaten für 2-3 personnes :
- quatre pommes
- une poignée de raisins secs
- une grosse pincée de cannelle (ou d'épices pour spéculoos si nous sommes Belges)
- 80 g de sucre en poudre ou de cassonade
- le jus d'un demi-citron
- 50 g de beurre ramolli
- 50 g de farine
- 50 g de poudre d'amandes
- un sachet de sucre vanillé
- de la glace à la vanille
Sortons the beurre du fridge un peu früher (de façon à ce qu'il soit frigotartinable comme disent nos ami(e)s les Wallon(ne)s). Faisons cuire les rozhinkelekh secs dans un peu de water pendant quelques minutes, durant lesquelles nous éplucherons et émincerons joyfully les Apfeln.
Mettons à présent les kleinen morceaux of Appel et les raisins in a salaterka. Ajoutons le lemon juice, la moitié du sucre, le Zucker vanillé & the cinnamon (ou les épices pour spéculoos, une fois, hein, si nous sommes Belges).
With a fourchette, mélangeons dans un bol das Butter ramolli, le reste of sugar, la farine und the almonds powder.
Disposons le premier Mischung dans un big moule à tarte. Ajoutons dessus the second mélange.
Let's cook à four chaud (180°C) environ 15 Minuten. Le dessus von strumbel doit faire une jolie golden croûte.
Servons hot ou tiède, mit eine boule of vanilla glace, accompagné de black coffee ohne Zucker. Ou de vodka-cerise, si nous avons des origines polonaises.
Mazel tov, na zdrowie et bon appétit !
Soyons Européen(ne)s pour une fois, quoi.
Sunday, November 2, 2008
Stratégies
Il y a quelque temps, en attendant le TER Lyon-Valence, j’observais sur le quai un couple de lycéens.Elle, petite rousse coquette, blouson dernier cri et foulard mauve, riait bruyamment en battant rapidement des cils, embrassait mille fois son prince charmant, un blondinet un peu timide, qui semblait ravi et n’avait d’yeux que pour elle.
Au moment de monter dans le train, après un dernier câlin inspiré, elle a crié joyeusement à son encontre juste avant la fermeture automatique des portes : «A demain, je t’aime, c’était génial comme soirée !»
Elle s’est installée sur la banquette, juste en face de moi, a passé pour la vingtième fois la main dans ses cheveux avant de sortir son portable, composer un numéro et s’exclamer d’une voix haute et exaspérée :
«Mais siii, j’te juuure que je comptais rentrer avec celui de 19h12, mais ils annonçaient un retard de 30 minutes, et quand je suis revenue à la gare, cet enfoiré de train était déjà parti ! Mais qu’est-ce que tu voulais que je fasse, bordel ! Mais siii, j’te juuure que j’ai essayé de vous appeler, mais y avait pas le réseau ! Je sais que c’est la troisième fois, mais j’y peux rien, moi, s’il y a des retards à la SNCF ! Mais rooooh ! Mais oui, je sais qu’il y a l’interro de maths demain, pff ! Mais gueule pas, j’t’entends, rooooh !»
Raccrochant avec rage, elle s’est mise à fouiller nerveusement dans son sac pour en sortir son rouge à lèvres beige cuivre. Après l’avoir appliqué avec une rapidité et une précision remarquables, elle a poussé un soupir en fermant les yeux.
Je fis de même.
La sonnerie mélodieuse de son portable nous arracha toutes les deux de nos somnolences ferroviaires.
«Allo ? Oui, chéri, toi aussi tu me manques déjà ! Ca va, j’ai eu mon père, il n’a pas trop gueulé, mais ça risque de barder tout à l’heure. Je t’enverrai un SMS. Bisous, bisous, à demain !»
Voix chantante, sourire, clignements des paupières, main dans les cheveux.
Quelques minutes plus tard, peu avant mon arrêt, elle a recomposé un numéro en se raclant la gorge et en prenant une voix blasée :
«Julie ? J’suis dans le train. J’suis crevée, j’ai trop hâte d’être chez moi. Bof, c’était nul. De toute façon, c’était une journée de m... ! Pff, laisse tomber, c’est même pas la peine de te raconter, je me suis fait ch... toute la soirée. J’rentre chez moi, j’ouvre le gaz... Sinon, tu fais quoi demain ? On sèche les maths et on va à la fnac ?»
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